Pétrole : pas d’augmentation de la production en perspective
Le sommet de Djedda sur les raisons de la flambée des prix du pétrole n’a pas apporté de réponses précises.
A la demande de l’Arabie Saoudite, les représentants des pays de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et ceux des pays consommateurs avaient rendez-vous dimanche à Djeddah pour y «discuter de l’envolée des prix, ses causes et les moyens d’y faire face».
Comme le laissait augurer les déclarations de Chakib Khelil, président de l’Opep et ministre algérien de l’Energie et des Mines, qui avait affirmé vendredi que «demander aux pays producteurs de pétrole d’augmenter leur offre est illogique et irrationnel» alors que Riyad avait confirmé qu’elle augmenterait de 200 000 barils par jour sa production, les pays producteurs et consommateurs n’ont pas trouvé d’accord pour juguler l’envolée des prix de l’or noir.
Du côté des producteurs, on estime en effet que l’offre est suffisante pour répondre à la demande et que la flambée actuelle des prix résulte de la spéculation, de la faiblesse du dollar et de l’instabilité géopolitique dans certaines régions, un point de vue que ne partagent cependant pas les pays consommateurs comme la Corée qui a souligné l’insuffisance de l’offre.
Ainsi, si le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Naimi, s’est montré coopératif, réaffirmant sa volonté d’accroître les capacités de productions (jusqu’à 12,5 millions de barils/jour à la fin de l’année prochaine), les autres membres du Cartel on montré une certaine réticence à l’idée d’ouvrir davantage leurs vannes. «Le marché est à l’équilibre», a d’ailleurs précisé l’Algérien Chakib Khelil, ajoutant qu’il ne voyait pas «l’utilité d’augmenter l’offre si on ne peut pas la raffiner».
Seul le Koweït a soutenu la position de l’Arabie Saoudite, en déclarant être prêt à augmenter sa production, «si le marché l’exige».
Malgré ces dissensions et le refus de la majorité des pays de l’Opep d’augmenter leur production, le sommet s’est toutefois conclu sur la volonté commune des parties d’améliorer la transparence et de réguler davantage les marchés financiers. Ce qui est «nécessaire pour stabiliser le marché du pétrole», a indiqué le communiqué final, publié hier à l’issue de la réunion. Une déclaration de bonnes intentions qui n’a pas eu pour effet de calmer les prix sur le marché: le pétrole était en hausse de 0.6% à 136.20 dollars ce matin à Singapour.












