L'Europe redoute une Opep du Gaz
FOCUS – A l'instar des membres de l'Opep réunis au Caire samedi, les grands pays exportateurs de gaz s'organisent eux aussi pour contrôler les prix de l'or bleu.
Qui n'aimerait pas contrôler les prix du gaz ? Pour des pays comme la Russie, l'Iran, et le Quatar, qui détiennent à eux seuls 73% des réserves mondiales, l'or bleu constitue un enjeu économique et géopolitique majeur. Il permet aux pays d'avoir un poids sur la scène internationale.Ainsi la Russie a encore menacé vendredi dernier d'augmenter le prix du Gaz si l'Ukrainien Naftogaz n'honore pas sa dette de 2,4 milliards de dollars à Gazprom.
C'est également un enjeu économique, car une grande part de leurs revenus en dépend. Seul problème, le prix du gaz n'est pas fixe, et dépend de certains aléas, comme la conjoncture économique, les cours du pétrole avec lequel il est étroitement corrélé, ou encore la météo. lorsque que l'hiver est doux, la consommation domestique diminue et inversement. Ainsi, les cours des contrats futures sur le pétroles sont passés d'un pic à 13,6 dollars en juillet dernier à 6 dollars, soit une division par deux en quatre mois retrouvant ainsi les niveaux d'il ya un an.
C'est pour ne pas dépendre de ces aléas que les pays producteurs de gaz veulent s'organiser pour réguler l'offre et ainsi exercer une influence sur les prix.
Une poignée de pays détient 73% des réserves
La Russie, l'Iran, et le Quatar, ne sont pas seuls à avoir intérêt à réguler les cours du gaz. L'Algérie et le Venezuela sont également des acteurs importants. A eux cinq, ils détiennent 73% des réserves mondiales de gaz et 42% de la production. Numéro un mondial avec 26 % des réserves, la Russie vend l'essentiel de son gaz à l'Europe via des pipelines. L'Iran dispose de 16 % des réserves mondiales. Enfin le Qatar, avec (14 %) des réserves mondiales, est le premier exportateur de GNL (gaz naturel liquéfié).

Une organisation qui n'en est qu'à ses prémices
Fondée en 2001, le FPEG n'est pour l'instant qu'une structure informelle. Mais les grands pays exportateurs de gaz ne font pas mystère de leur intention d'aller plus loin. "Nous sommes arrivés à un consensus pour créer une organisation commune gazière, accélérer sa mise en place et préparer ses statuts", a ainsi indiqué Gholam Hossein Nozari, le ministre iranien du pétrole.
Le 21 octobre dernier, ils ont frappé un grand coup en annonçant à Téhéran, la création prochaine d'une "grande troïka gazière".
Cela a immédiatement provoqué une levée de bouclier de Bruxelles qui craint une cartellisation dans le secteur de l'énergie. En 2020, l'Europe devra importer les trois quarts de son gaz, contre 54 % aujourd'hui. "L'énergie doit être vendue sur un marché libre. Si un tel cartel était créé, Bruxelles pourrait revoir sa politique énergétique", a prévenu son porte-parole.Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a jugé que ces craintes étaient "sans fondement".
La prochaine réunion ministérielle du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) est prévue le 23 décembre à Moscou. Les participants doivent valider les statuts du FPEG" à cette occasion.
















