Les rendements des contrats en euros sont en baisse
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Pour choisir le bon contrat, il ne suffit pas de se référer au taux de l'année. Il faut aussi examiner ses résultats sur le long terme et ses caractéristiques techniques comme les frais ou la possibilité de réaliser des retraits libres.
Les épargnants restent largement gagnants, dans un contexte d'inflation maîtrisée
MARIE-CHRISTINE SONKIN |
JDF HEBDO | 16.01.2010 | Mise à jour : 19H50
L'année 2009 aura été faste pour l'assurance-vie, du moins en termes de collecte. Selon la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), le montant des cotisations est en forte hausse. Quant à l'encours des contrats, il atteint 1.241,3 milliards d'euros. Côté rendement, en revanche, il s'affiche en recul, du moins pour ce qui est de la partie en euros, c'est-à-dire à capital garanti. « Plusieurs facteurs expliquent ce tassement, d'abord la baisse des taux obligataires, commente Bernard Le Bras, président d'ACMN Vie. Le rendement de l'OAT 10 ans est aujourd'hui de l'ordre de 3,57 %. Il est resté à des niveaux comparables tout au long de 2009. Les flux nouveaux investis en obligations classiques ont dès lors tiré les rendements vers le bas. Or, ces flux ont été très importants puisque le chiffre d'affaires brut de l'assurance-vie a augmenté de 12 % en 2009. Le phénomène est patent à compter du second semestre car, en début d'année, les assureurs ont pu se diversifier sur des obligations corporate à des taux très attrayants, même si les émissions n'étaient pas pléthoriques. A compter d'avril-mai, les spreads se sont très fortement réduits. La baisse des rendements et aussi due à la partie actions des portefeuilles. Les PDD (pertes pour dépréciations d'actifs) doivent être provisionnées si les dépréciations sont supérieures à 30 % et durent plus de six mois. Au 31 décembre 2008, ces pertes dataient de moins de six mois. L'impact s'est donc reporté sur 2009, car même si l'année dernière le CAC 40 a progressé de 22 %, il a perdu 43 % en 2008. Les pertes ont dû être actées d'autant que l'évaluation s'effectue ligne à ligne. »
L'impact des provisions
Les distorsions de résultats sont assez importantes. Les taux dépendent des arbitrages qui ont pu être réalisés dans l'année et des plus-values qui ont pu être dégagées, mais aussi du rendement des titres obligataires engrangés les années précédentes et de la composition du portefeuille, ainsi que d'éventuelles PDD (voir plus haut) ou, à l'inverse, de distributions de provisions pour participation aux excédents (PPE). Celle-ci correspond à une réserve accumulée dans les années fastes et qui doit être distribuée dans les huit ans aux épargnants. Une latitude qui permet de lisser les rendements.
« Nous avons prélevé 28 % de notre PPE pour les taux 2008, déclare Dominique Chevillon, directeur vie et placements chez Maaf. Pour 2009, nous avons effectué une reprise de 12 % de la PPE, pour servir les taux de 4,31 % et 4,16 %. » Politique différente chez ACMN Vie, qui joue aussi de la PPE. « Nous avions utilisé notre PPE en 2008, en revanche, nous la dotons en 2009. Ainsi, les taux sont de 30 à 50 centimes inférieurs au taux 2008 », dévoile Bernard Le Bras.
Cette stratégie n'est pas celle de l'Afer. L'association a toujours distribué l'intégralité des résultats. Si la création d'une PPE a été décidée en 2008, « elle n'a jamais été abondée », a déclaré Gérard Bekerman, président de l'Afer, lors de l'annonce des résultats 2009. Le contrat de l'Afer n'affiche pas un rendement spectaculaire, mais il reste plus qu'honorable vu l'absence de PPE, et surtout la collecte record (2,835 milliards d'euros en 2009) dans un contexte de taux long très bas.
« Le niveau faible des taux de marché ne nous a pas incités à investir sur des emprunts d'Etat, qui ne rapportent au mieux que 3,60 % sur dix ans, et dont l'endettement croissant devient un sujet de préoccupation, a commenté Jean-François Boulier, président du directoire d'Aviva Investors France, gérant du fonds Afer. Mais nous avons réaménagé la poche investie en obligations du secteur privé (15 % du portefeuille) en vendant avec profit des obligations d'échéance plus longue, plus rémunératrices du fait de la forte pente de la courbe. Cela a entraîné une augmentation de la sensibilité de la partie taux fixe, qui est désormais de 5,8 vs 5,4 fin 2008 », conclut-il.
La composition des portefeuilles
Le portefeuille de l'Afer demeure essentiellement obligataire, la partie actions étant cantonnée à un modeste 6,4 %. D'autres assureurs sont un peu plus offensifs, mais beaucoup restent très investis sur la poche obligataire. C'est le cas de la Maaf, où la part actions évolue entre 7 et 12 % du portefeuille. Dès lors, les rendements futurs seront largement dépendants de l'évolution des taux d'intérêt, et les avis sont assez divergents. « J'ai l'impression que les taux longs vont continuer à s'effriter tendanciellement vers une stabilisation envisageable, estime Dominique Chevillon, ce qui laissera un place importante à l'utilisation de la PPE. Il faudra également saisir des opportunités en actant des plus-values sur les actions. En tout cas, dans un contexte d'inflation maîtrisée, les taux réels (nets d'inflation) de l'assurance-vie en euros sont bien meilleurs que ceux d'il y a trois ou quatre ans », affirme-t-il.
Les gérants d'Aviva Investors France sont « méfiants sur les obligations d'Etat ». Quant à Bernard Le Bras, il ne croit pas « au scénario d'une hausse brutale et forte des taux d'intérêt mais plutôt à une montée lente, progressive et régulière. C'est un scénario gérable qui permettra de retrouver une évolution positive du rendement moyen des portefeuilles ».
L'impact des provisions
Les distorsions de résultats sont assez importantes. Les taux dépendent des arbitrages qui ont pu être réalisés dans l'année et des plus-values qui ont pu être dégagées, mais aussi du rendement des titres obligataires engrangés les années précédentes et de la composition du portefeuille, ainsi que d'éventuelles PDD (voir plus haut) ou, à l'inverse, de distributions de provisions pour participation aux excédents (PPE). Celle-ci correspond à une réserve accumulée dans les années fastes et qui doit être distribuée dans les huit ans aux épargnants. Une latitude qui permet de lisser les rendements.
« Nous avons prélevé 28 % de notre PPE pour les taux 2008, déclare Dominique Chevillon, directeur vie et placements chez Maaf. Pour 2009, nous avons effectué une reprise de 12 % de la PPE, pour servir les taux de 4,31 % et 4,16 %. » Politique différente chez ACMN Vie, qui joue aussi de la PPE. « Nous avions utilisé notre PPE en 2008, en revanche, nous la dotons en 2009. Ainsi, les taux sont de 30 à 50 centimes inférieurs au taux 2008 », dévoile Bernard Le Bras.
Cette stratégie n'est pas celle de l'Afer. L'association a toujours distribué l'intégralité des résultats. Si la création d'une PPE a été décidée en 2008, « elle n'a jamais été abondée », a déclaré Gérard Bekerman, président de l'Afer, lors de l'annonce des résultats 2009. Le contrat de l'Afer n'affiche pas un rendement spectaculaire, mais il reste plus qu'honorable vu l'absence de PPE, et surtout la collecte record (2,835 milliards d'euros en 2009) dans un contexte de taux long très bas.
« Le niveau faible des taux de marché ne nous a pas incités à investir sur des emprunts d'Etat, qui ne rapportent au mieux que 3,60 % sur dix ans, et dont l'endettement croissant devient un sujet de préoccupation, a commenté Jean-François Boulier, président du directoire d'Aviva Investors France, gérant du fonds Afer. Mais nous avons réaménagé la poche investie en obligations du secteur privé (15 % du portefeuille) en vendant avec profit des obligations d'échéance plus longue, plus rémunératrices du fait de la forte pente de la courbe. Cela a entraîné une augmentation de la sensibilité de la partie taux fixe, qui est désormais de 5,8 vs 5,4 fin 2008 », conclut-il.
La composition des portefeuilles
Le portefeuille de l'Afer demeure essentiellement obligataire, la partie actions étant cantonnée à un modeste 6,4 %. D'autres assureurs sont un peu plus offensifs, mais beaucoup restent très investis sur la poche obligataire. C'est le cas de la Maaf, où la part actions évolue entre 7 et 12 % du portefeuille. Dès lors, les rendements futurs seront largement dépendants de l'évolution des taux d'intérêt, et les avis sont assez divergents. « J'ai l'impression que les taux longs vont continuer à s'effriter tendanciellement vers une stabilisation envisageable, estime Dominique Chevillon, ce qui laissera un place importante à l'utilisation de la PPE. Il faudra également saisir des opportunités en actant des plus-values sur les actions. En tout cas, dans un contexte d'inflation maîtrisée, les taux réels (nets d'inflation) de l'assurance-vie en euros sont bien meilleurs que ceux d'il y a trois ou quatre ans », affirme-t-il.
Les gérants d'Aviva Investors France sont « méfiants sur les obligations d'Etat ». Quant à Bernard Le Bras, il ne croit pas « au scénario d'une hausse brutale et forte des taux d'intérêt mais plutôt à une montée lente, progressive et régulière. C'est un scénario gérable qui permettra de retrouver une évolution positive du rendement moyen des portefeuilles ».
NOTRE CONSEIL
Les contrats ou fonds en euros sont aujourd'hui un bon placement, même avec des rendements en baisse. Attention, le seul taux de la dernière année ne suffit pas pour sélectionner le bon contrat. Notre choix : Arep (Le Conservateur), Epargne Retraite 2 (Asac Fapès Diffusion), Compte Afer (Afer GIE) et RES (MACSF), qui sont les lauréats des Palmes de l'assurance-vie 2009 (catégorie euros). La prochaine édition des Palmes aura lieu en avril 2010.
Les contrats ou fonds en euros sont aujourd'hui un bon placement, même avec des rendements en baisse. Attention, le seul taux de la dernière année ne suffit pas pour sélectionner le bon contrat. Notre choix : Arep (Le Conservateur), Epargne Retraite 2 (Asac Fapès Diffusion), Compte Afer (Afer GIE) et RES (MACSF), qui sont les lauréats des Palmes de l'assurance-vie 2009 (catégorie euros). La prochaine édition des Palmes aura lieu en avril 2010.
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