joseph haddad P-DG de Netgem
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Un rescapé de la bulle Internet
ROMAIN GUEUGNEAU |
JDF HEBDO | 10.01.2009 | Mise à jour : 19H56
Ingénieur de formation, fondu de micro-informatique et « hacker » dans ses jeunes années, Joseph Haddad se considère pourtant comme un véritable entrepreneur. A la tête du fabricant de décodeurs Netgem depuis treize ans, il a survécu - non sans mal - à l'explosion de la bulle Internet.
« Joseph Haddad est un visionnaire. » Dans la bouche de Marc Tessier, ancien président de France Télévisions et actuel directeur général de Netgem, l'éloge est sincère. Mais ce n'est pas forcément une bonne nouvelle. Le propre des visionnaires est certes d'avoir un temps d'avance sur les autres. Le problème, c'est qu'ils sont souvent incompris. Quand il s'agit de lancer un nouveau business, inspiré d'une technologie innovante, c'est d'autant plus problématique. Le patron fondateur de Netgem en sait justement quelque chose. « Notre business model n'a quasiment pas changé depuis 2000, explique Joseph Haddad. Mais c'est seulement maintenant que le marché est prêt à absorber nos produits. »
Joseph Haddad est un rescapé de la bulle Internet, après en avoir été l'un des symboles. A la fin des années 90, Netgem faisait les gros titres de la presse économique. Et pour cause. Le produit que la société proposait était révolutionnaire à l'époque : un décodeur permettant de surfer sur Internet via son téléviseur. A l'heure du boom de la nouvelle économie, le concept ne pouvait que séduire. Netgem s'est rapidement développé. En 1999, trois ans après sa création, la société était déjà bénéficiaire.
Le rêve de Joseph Haddad, révolutionner le monde de la télévision, prenait forme. Et le succès devenait grisant. La presse comparait la start-up au géant informatique Microsoft, qui peinait à l'époque à transposer la technologie Internet à la télé. L'argent affluait de toutes parts, des clients - les opérateurs télécoms - comme des financiers. Introduit en Bourse en avril 2000, Netgem a vu sa valeur multipliée par 4 en moins de six mois. « La phase spéculative des années 2000 a permis à la société de se développer, reconnaît Joseph Haddad. Les fonds levés en Bourse nous ont permis de survivre pendant les années de vaches maigres qui ont suivi. »
La fin de l'année 2000 signe la mort de la nouvelle économie. Les promesses de croissance infinie s'évanouissent, faute de clients. Lucide, Joseph Haddad reconnaît avec le recul qu'il y avait un problème de timing : « Le contenu et le réseau étaient insuffisants. » L'offre était en fait inadaptée. Les trois années qui suivent sont éprouvantes pour le jeune dirigeant. Netgem multiplie les pertes et les plans sociaux. « Il fallait faire vite, se souvient le P-DG. La seule priorité était de survivre, car l'opportunité de marché était réelle. »
Eloge de la persévérance
« La crise a mis en avant l'un des principaux traits de caractère deJoseph : son refus de l'échec. » Olivier Guillaumin, cofondateur de Netgem, aujourd'hui simple administrateur, connaît bien ce trait de caractère. Les deux hommes, camarades de promotion à l'Ecole polytechnique, ont fondé leur première entreprise ensemble, deux ans après avoir obtenu leur diplôme. Les fonds récupérés à l'issue de la revente de cette société servent alors à mettre sur pied le projet Netgem. Joseph Haddad a toujours montré une foi quasi religieuse en son marché et son offre produits. Il a pourtant dû se résigner à mettre un peu d'eau dans son vin.
« Un entrepreneur doit avoir la faculté de modifier la voilure lorsque cela devient nécessaire », juge Marc Tessier. En 2001, Joseph Haddad décide donc de faire évoluer la stratégie et met l'accent sur la télévision numérique terrestre (TNT) en plus de son offre Internet. Mais le développement de la TNT en France prend du retard, malgré le lobbying appuyé de la journaliste Anne Sinclair, alors conseillère de Joseph Haddad. L'activité de Netgem repartira finalement en 2005, avec le lancement officiel de la TNT et la signature d'un contrat avec le fournisseur d'accès Internet Neuf.
Netgem va peu à peu faire évoluer son offre vers plus de services, pour s'assurer une récurrence des revenus. La société propose désormais une offre de télévision sur ADSL couplée à un décodeur haute définition et à un service de vidéo à la demande. « On a enfin réussi à développer l'offre qu'on avait imaginée en 2000, en mariant le contenant et le contenu. Et cette fois, le marché existe ! »
Pas de doute : la persévérance est bien l'une des caractéristiques principales du personnage... Le charisme - le « bagou », diront certains - en est une autre. Les deux caractéristiques vont de pair, et elles sont loin d'être inutiles dans l'univers des nouveaux médias. Le background technologique est aussi un avantage. Joseph Haddad, diplômé également de Sup Télécom, n'a jamais renié sa formation : « L'un de mes plus grands plaisirs est d'aller m'installer au beau milieu des équipes techniques et de discuter des projets en cours. » On ne se refait pas.
Joseph Haddad est un rescapé de la bulle Internet, après en avoir été l'un des symboles. A la fin des années 90, Netgem faisait les gros titres de la presse économique. Et pour cause. Le produit que la société proposait était révolutionnaire à l'époque : un décodeur permettant de surfer sur Internet via son téléviseur. A l'heure du boom de la nouvelle économie, le concept ne pouvait que séduire. Netgem s'est rapidement développé. En 1999, trois ans après sa création, la société était déjà bénéficiaire.
Le rêve de Joseph Haddad, révolutionner le monde de la télévision, prenait forme. Et le succès devenait grisant. La presse comparait la start-up au géant informatique Microsoft, qui peinait à l'époque à transposer la technologie Internet à la télé. L'argent affluait de toutes parts, des clients - les opérateurs télécoms - comme des financiers. Introduit en Bourse en avril 2000, Netgem a vu sa valeur multipliée par 4 en moins de six mois. « La phase spéculative des années 2000 a permis à la société de se développer, reconnaît Joseph Haddad. Les fonds levés en Bourse nous ont permis de survivre pendant les années de vaches maigres qui ont suivi. »
La fin de l'année 2000 signe la mort de la nouvelle économie. Les promesses de croissance infinie s'évanouissent, faute de clients. Lucide, Joseph Haddad reconnaît avec le recul qu'il y avait un problème de timing : « Le contenu et le réseau étaient insuffisants. » L'offre était en fait inadaptée. Les trois années qui suivent sont éprouvantes pour le jeune dirigeant. Netgem multiplie les pertes et les plans sociaux. « Il fallait faire vite, se souvient le P-DG. La seule priorité était de survivre, car l'opportunité de marché était réelle. »
Eloge de la persévérance
« La crise a mis en avant l'un des principaux traits de caractère deJoseph : son refus de l'échec. » Olivier Guillaumin, cofondateur de Netgem, aujourd'hui simple administrateur, connaît bien ce trait de caractère. Les deux hommes, camarades de promotion à l'Ecole polytechnique, ont fondé leur première entreprise ensemble, deux ans après avoir obtenu leur diplôme. Les fonds récupérés à l'issue de la revente de cette société servent alors à mettre sur pied le projet Netgem. Joseph Haddad a toujours montré une foi quasi religieuse en son marché et son offre produits. Il a pourtant dû se résigner à mettre un peu d'eau dans son vin.
« Un entrepreneur doit avoir la faculté de modifier la voilure lorsque cela devient nécessaire », juge Marc Tessier. En 2001, Joseph Haddad décide donc de faire évoluer la stratégie et met l'accent sur la télévision numérique terrestre (TNT) en plus de son offre Internet. Mais le développement de la TNT en France prend du retard, malgré le lobbying appuyé de la journaliste Anne Sinclair, alors conseillère de Joseph Haddad. L'activité de Netgem repartira finalement en 2005, avec le lancement officiel de la TNT et la signature d'un contrat avec le fournisseur d'accès Internet Neuf.
Netgem va peu à peu faire évoluer son offre vers plus de services, pour s'assurer une récurrence des revenus. La société propose désormais une offre de télévision sur ADSL couplée à un décodeur haute définition et à un service de vidéo à la demande. « On a enfin réussi à développer l'offre qu'on avait imaginée en 2000, en mariant le contenant et le contenu. Et cette fois, le marché existe ! »
Pas de doute : la persévérance est bien l'une des caractéristiques principales du personnage... Le charisme - le « bagou », diront certains - en est une autre. Les deux caractéristiques vont de pair, et elles sont loin d'être inutiles dans l'univers des nouveaux médias. Le background technologique est aussi un avantage. Joseph Haddad, diplômé également de Sup Télécom, n'a jamais renié sa formation : « L'un de mes plus grands plaisirs est d'aller m'installer au beau milieu des équipes techniques et de discuter des projets en cours. » On ne se refait pas.
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