Indices mondiaux, rebond technique ou mouvement solide ?
La mobilisation contre la crise financière porte ses fruits. Pour combien de temps?
Les américains ont pris le problème de la crise financière à bras le corps. Il faut dire que les difficultés se sont amoncelées ces derniers jours faisant craindre des faillites en cascades. Après la quasi faillite de Bear Stearns, la mise sous tutelle des géants du crédit hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, la faillite de la quatrième banque mondiale Lehman Brothers, la nationalisation de facto d’AIG, premier assureur mondial, a sans doute été la goutte de trop.
Un vent de panique généralisé s’est emparé des bourses mondiales. La bourse russe a été contrainte de fermer ses portes durant trois jours, pour endiguer les vagues de ventes massives. En Asie, le Nikkei a perdu 4,95% mardi et le Hang Seng de Hong Kong 5,44% le même jour. Même punition sur le vieux continent, ou le Dax de Franckfort reculait de 2,74%, le Footsie londonien de 3,92% et notre Cac 40 hexagonal de 3,78%.
Une baisse généralisée qui a fait dire à Alan Greenspan, l’ex président de la Fed, que l’on assistait à «l’une des pires crises depuis cinquante ans, probablement depuis un siècle».
La menace de crise systémique a été prise très au sérieux. Toutes les autorités se sont mobilisées pour endiguer le phénomène, du Trésor américain, en passant par les banques centrales qui ont lancé des actions concertées pour distribuer des dizaines de milliards de liquidités au marché. Même combat du côté des organismes de régulations des marchés SEC aux Etats-Unis ou FSA en Grande Bretagne, qui ont annoncé des mesures pour restreindre l’usage de la vente à découvert. Même le Président Bush a apporté se pierre à l’édifice en affirmant le soutien de la maison blanche aux institutions. Mais l’action la plus spectaculaire a sans doute été celle du plan de sauvetage que le gouvernement et la Fed devraient discuter devant le Congrès américain, consistant dans la mise en place d’une structure géante qui récupérerait tous les actifs douteux des banques liés à l’immobilier. Cette dernière annonce semble porter ses fruits. En fin de séance jeudi, les indices américains ont fortement rebondi dans le sillage des valeurs bancaires. L’indice Dow Jones a grimpé de 3,86% et le Dow Jones de 4,78%. Par contagion, l’Europe prenait son envol vendredi. Dans les premières minutes de cotation, Barclays bondissait de 54%, la Lloyds TSB de 68% et HBOS, dont Lloyds a annoncé jeudi le rachat, de 52% et la même ferveur vers les bancaires tirait toutes les places européennes : le Dax bondissait de 3,9%, le Cac 40 de 5,8%, avec dans le trio de tête, Crédit Agricole, Dexia, et Société Générale, avec des bonds respectifs de 20%, 19,9% et 14%. Encore plus impressionnant, les deux indices russes, le RTS et le Micex ont réouvert sur un bond de 11 et 17%.
Derrière l’effet d’annonce, cette énième mesure depuis le début de la crise des «subprime» en juin 2007 va-t-elle permettre de mettre un point final à la crise ? Impossible de le dire pour l’instant, tant les marchés sont volatils. L’expérience dans ce domaine est riche d’enseignement, et les vieux gourous de Wall Street comme Georges Soros gardent souvent en tête le vieil adage boursier : «il faut acheter de la panique et vendre de l’euphorie». Les marchés sont entrés dans une phase de type chaotique dans laquelle la psychologie a pris le dessus sur le rationnel. Dans ce domaine, l’analyse technique permet de garder son sang froid. Que dit-elle ? La plupart des indices mondiaux sont ancrés dans des cycles de baisses moyen terme, et l’embellie de cette fin de semaine ne constitue qu’une vague mineur. Pour que l’amorce d’un nouveau cycle haussier durable se produise, il faudra attendre au moins le dépassement de la résistance des 11870 points sur le Dow Jones, 2550 points sur le Nasdaq Composite, 14610 points sur le Nikkei, 3460 points sur l’Eurostoxx 50, et 4560 points sur le Cac 40. Pour l’heure, la plupart des indices dispose de potentiels de rebond de l’ordre de 9%. A titre spéculatif, on pourra jouer ces mouvements, mais dans une perspective moyen terme, la prudence commande d’attendre encore quelques semaines.










