«Les changements de réglementation offrent de belles perspectives»
Gilles Guibout gère le fonds AXA WF Italian Equities. A l’heure du développement durable, il estime qu’il y a des opportunités très intéressantes dans le secteur des services aux collectivités italiennes.
Pouvez-vous nous détailler la composition de ce fonds ?
Après les grandes manœuvres des 18 derniers mois, je m’intéresse moins au secteur bancaire et je suis fortement souspondéré. Néanmoins, trois titres retiennent encore mon intérêt: Unicredito, Intesa et Ubibanca. Ces trois valeurs sont le résultat de fusions qui ont eu lieu au cours des derniers mois et elles offrent l’avantage d’être relativement peu exposées aux «subprimes», tout en présentant des valorisations raisonnables et de forts dividendes. Je suis également exposé sur Fiat car je pense que l’histoire du groupe n’est pas tout à fait terminée, même si d’une façon générale, je suis plutôt méfiant à l’égard de tout ce qui à attrait à la consommation. Je préfère donc jouer Fiat à travers la holding IFIL, qui offre une importante décote sur laquelle on assiste aujourd’hui à des ramassages en règle de la part de la holding IFI.
Sur quel actif sentez-vous qu’il y a de réelles opportunités ?
Je pense que le thème intéressant aujourd’hui se situe au niveau des services aux collectivités, dont le secteur est en train de se consolider fortement. Ainsi, nous avons vu la naissance au cours des derniers mois de groupes comme Iride et A2A, ce dernier étant l’actuel numéro un italien des services aux collectivités. Il y a plus de 300 sociétés de ce type dans la Péninsule, lesquelles ont commencé à se regrouper.
Mais au-delà de la consolidation, l’autre thème très intéressant, et sur lequel je vois de forts potentiels de croissance, c’est celui des changements réglementaires, dont ceux imposés par Bruxelles et qui concernent, par exemple, le traitement des déchets ou les économies énergétiques. Or ce sont ces services de collectivités qui font le traitement des déchets. La valorisation des déchets est également à retenir, celle-ci offrant une ligne de chiffre d’affaires additionnelle. De ce point de vue là, A2A possède certains atouts, dont une petite société qui dispose de plusieurs brevets en terme de valorisation énergétique. C’est un secteur que je suis de très près.
A quel type d’investisseur s’adresse ce fonds ?
AXA WF Italian Equities vise à investir dans un objectif de moyen-long terme et peut intéresser chaque type d’investisseur. J’évite les dossiers purement spéculatifs et je ne m’intéresse donc pas à des titres du type Alitalia, car ça ne m’intéresse pas d’investir dans des sociétés où je ne maîtrise aucun des enjeux. Je préfère me montrer patient sur des titres qui offrent, à mon sens, des perspectives de croissance et de rentabilité très importante, quitte à accepter des périodes de sous performance si je pense que le jeu en vaut la chandelle.
Y a t’il des secteurs que vous évitez ?
D’une manière générale, et au-delà de l’Italie. J’aurais tendance à être prudent sur un secteur comme celui des médias. Malgré des valorisations qui semblent attractives, le développement d’internet bouleverse le modèle économique des groupes de presse traditionnels et réduit la visibilité à moyen et long terme. Même si ces derniers peuvent faire valoir certains actifs, le fait que le net arrive à capter une grande partie de l’audience en son sein rend difficile toute marge de manœuvre. C’est pourquoi, la victoire annoncée de Berlusconi aux élections, j’ai refusé de miser sur Mediaset, d’autant plus que la Commission européenne vient de rappeler sa volonté de voir le groupe se séparer d’une de ses chaînes.
Est-ce que le fonds a souffert lors des derniers mois d’incertitude politique?
Toutes les périodes d’élections sont propices aux incertitudes. Le processus de consolidation dans le secteur des services aux collectivités a très clairement marqué une pause au cours des 3 derniers mois. L’annonce d’élections anticipées a également pu marquer un peu d’attentisme dans les sociétés où l’Etat a encore une part, car il y avait des renouvellements des conseils d’administration en cours (Enel, Eni, Finmeccanica). Malgré tout, ce recul n’a pas été flagrant, car si on regarde la performance de l’Italie depuis le début de l’année, elle est en ligne avec celle des autres marchés européens.
Pensez-vous que le retour de Berlusconi, et de la droite au pouvoir, puisse augurer d’un nouveau sursaut économique pour l’Italie ?
Nous pourrions peut-être assister à une relance des investissements. L’ancien gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi avait signé la mise en œuvre du projet de pont sur le détroit de Messine, qui a par la suite été mis en stand by lors de la période de Prodi. On peut donc s’attendre à une relance des projets d’infrastructure, mais toute la question est de savoir avec quel argent ces investissements vont se faire.











