«Les deux prochains mois seront décisifs sur les marchés pétroliers»
Benjamin Louvet, gérant chez Prim’ Alternative, estime que malgré la baisse des prix du pétrole, le marché restera porteur jusqu’à la rentrée de septembre.
Présentez-nous le fonds Prim’ EssenCiel, dont la caractéristique principale est d’avoir une exposition pure aux matières premières.
Le fonds Prim ‘EssenCiel est composé de cinq actifs, qui sont tous des contrats à terme sur les matières énergétiques. Chacun de ces produits a dans le portefeuille la même allocation, et compte pour 20% dans le poids du portefeuille. Il s’agit du pétrole WTI à New York, le Brent de Londres, l’essence cotée à New York, le fuel domestique côté à New York et le gasoil côté à Londres. Nous n’avons pas d’exposition sur le gaz ou le charbon, car quand nous avons créée ce fonds, nous voulions avoir une très forte lisibilité.
Pour quelles raisons le gaz et le charbon ne répondent pas à vos critères de lisibilité ?
Les problématiques de transport, de stockage et d’extraction ne sont pas les mêmes pour le charbon et le gaz que pour les produits pétroliers. A titre d’exemple, le gaz est un produit qui se transporte très mal, ce qui explique que ce sont essentiellement des marchés locaux qui jouent dessus. Or, pour avoir un fonds très lisible, nous voulions nous concentrer sur des produits qui ont tous les mêmes problématiques de transport, de stockage et d’extraction.
Après les records de juillet dernier, les prix du pétrole connaissent actuellement une phase baissière. Pensez-vous que la fenêtre de tire pour jouer le marché à la hausse s’est refermée ?
Pas vraiment. J’ai le sentiment que les investisseurs ont simplement changé les lunettes avec lesquelles ils regardent le marché. C’est vrai que la «driving season» américaine n’a pas été particulièrement forte et la demande en essence aux Etats-Unis diminue, mais ce mouvement baissier était attendu. Dans ses statistiques, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) affirmait déjà, que pour la première fois depuis sept ans, la consommation d’essence aux Etats-Unis allait s’affaisser pendant cet été. Il est vrai aussi que les tensions géopolitiques, qui portaient les prix à la hausse, se sont quelque peu atténuées ces derniers temps, mais elles n’ont pas disparu pour autant. La saison des ouragans a pour l’instant épargné les installations dans le golfe du Mexique, mais nous sommes seulement au début de cette fameuse saison des ouragans, et les deux prochains mois risquent d’être très décisifs. Pour l’instant, notre sentiment est que le pétrole n’a pas un potentiel baissier très important et aura du mal à passer sous le niveau des 110 dollars. Nous nous portons acheteurs sur les 110 dollars car il y encore beaucoup d’incertitudes sur le marché et les prix peuvent repartir très vite.
Quel est le montant de mise minimale pour entrer dans Prim’ EssenCiel ?
Ce Fonds commun d’intervention sur les marchés à terme (FCIMT) s’adresse à des investisseurs qui peuvent engager au minimum 10000 euros en première souscription. Par la suite, les fonds placés sont libres. Nos clients sont plutôt des particuliers avertis ou des institutionnels qui possèdent une couverture financière confortable, et qui souhaitent diversifier leur portefeuille. La volatilité sur les marchés du pétrole va, selon nous, s’accroître dans les prochains mois et on risque d’assister à des corrections très fortes sur les marchés. Prim’EssenCiel est un outil de diversification. Chez Prim’Alternative, on considère qu’un portefeuille de type «prudent» ne doit pas dépasser 5% des investissements sur les matières premières, 10% pour un profil «équilibré» et jusqu’à 15% pour un profil «dynamique.»
Avez-vous remarqué un afflux majeur de clients vers votre fonds à la suite de la crise financière qui secoue les marchés actions depuis l’année dernière ?
Pas vraiment. Je dirais même que l’essentiel des clients est arrivé avant sur ce genre de produits. Certes, il est indéniable que sur le moyen terme, la correction des actions a amené les investisseurs à se poser la question de la diversification du portefeuille vers les matières premières. Mais j’ai le sentiment qu’ils se sont posés cette question avant la crise de l’été dernier. Sans compter que ça faisait un petit moment que les matières premières commençaient à monter, attirant ainsi des investisseurs en mal de performance.














