Automobile : les constructeurs européens
mènent la danse
En termes de résultats, les performances des fabricants européens sont meilleures que celles des concurrents américains. Mais tous devront faire face à la dégradation du marché mondial.
Tandis que de grands constructeurs européens et américains ont publié en deux jours leurs résultats du premier semestre, une tendance se dessine déjà : les constructeurs du Vieux continent se portent mieux que leurs concurrents américains. Mercredi, Fiat, Volkswagen et Peugeot ont surpris les marchés en présentant des résultats meilleurs qu’attendu. Jeudi, c’était au tour de Renault de surprendre, en annonçant des revenus nets à 1,46 milliard d’euros sur les six premiers mois de 2008, contre 1,07 milliard un an plus tôt. En revanche, les entreprises américaines Chrysler, Ford et General Motors sont affaiblies, leurs résultats s’avérant très décevants dans un marché mondial qui s’annonce de plus en plus difficile. Conscients de ces difficultés annoncés, certains investisseurs ont déjà procédé à d’importants dégagements depuis le début de l’année.
Même si les grands fabricants européens occupent une meilleure place que leurs rivaux américains affaiblis, la flambée du prix des matières premières, les taux de change défavorables ou encore le ralentissement du marché automobile mondial laisse présager des temps plus difficiles. Conscients de cette donnée, les constructeurs ont déjà annoncé la mise ne place de mesures «préventives» afin de limiter la casse. Cela devrait se traduire chez les fabricants par une hausse des prix de leurs modèles, un gel des recrutements et une diminution des effectifs, chez Renault et Ford notamment. D’autres, comme Fiat, envisagent de fermer certaines usines temporairement ou définitivement afin de s’adapter à une demande mondiale en baisse.
Les performances en Bourse
- Renault a fait état de résultats semestriels honorables, avec un chiffre d’affaires semestriel qui s’établit en hausse de 2,3% à 20,942 milliards d’euros et une marge opérationnelle qui atteint 865 millions d’euros. Quant à son résultat net, le constructeur automobile publie un chiffre s’élevant à 1,467 milliard d’euros, hors contribution de Nissan. En revanche, le groupe annonce un sévère plan d’économies comprenant la suppression d’environ 5.000 emplois en Europe ainsi qu’une réorganisation des sites de production, notamment celui de Sandouville (Seine-Maritime).
La valeur Renault :
- Le chiffre d’affaires au premier semestre de Peugeot s’élève à 31,2 millions d’euros, en hausse de 1,6% comparés aux chiffres de l’année 2007. Les résultats opérationnels sont en progression avec 1,115 milliards d’euros soit 3,6% du chiffre d’affaires, contre 842 millions en 2007. En ce qui concerne ses perspectives pour 2008, le groupe dégrade ses prévisions en visant une croissance des ventes «supérieure à 5%», alors qu’en début d’année, il misait sur 10%.
La valeur Peugeot :
- Fiat a annoncé une hausse de 3 % de son bénéfice net à 646 millions, dépassant les prévisions des analystes qui tablaient sur environ 630 millions d’euros de résultat net selon un consensus calculé par la société.
La valeur Fiat :
- Ford a fait état d’une perte de 8,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, un niveau supérieur aux attentes. Par action, la perte s’élève à 3,88 dollars contre un bénéfice de 750 millions de dollars, soit 0,31 dollar par action, un an auparavant.
La valeur Ford :
- Daimler a révisé à la baisse ses prévisions pour l’exercice 2008. Le groupe allemand estime que leurs réductions de coûts ne seront pas en mesure de compenser l’impact du ralentissement économique mondial, de la hausse des matières premières, ni de l’euro fort.
La valeur Daimler :
- Au premier semestre 2008, Volkswagen a dégagé un bénéfice d’exploitation en hausse de 22%, à 3,4 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaires en progression de 3%, à 56,5 milliards d’euros.
La valeur Volkswagen :
- General Motors, récemment détrôné par Toyota, a vu ses ventes mondiales baisser de près de 3%, à 4,54 millions de véhicules au premier semestre. En pleine reconversion, le constructeur américain estime être en mesure de vendre plus de 9 millions de véhicules en 2008.
La valeur General Motors :












