Mauvaises fortunes et bonnes surprises
sur le CAC 40
Sur les neuf sociétés de l’indice ayant publié leurs résultats cette semaine, près de la moitié ont revu leurs objectifs financiers à la baisse.
Lors de leurs publications de résultats et chiffre d’affaires trimestriels, de nombreux groupes faisant partie du CAC 40, ont constaté un ralentissement de leur activité ces derniers mois. Ils mettent en avant la crise financière mondiale qui s’est répercutée sur l’économie réelle et qui les amène à revoir leurs perspectives. La crise financière mondiale ne touche ainsi pas seulement les bancaires et les assureurs, mais également les semi-conducteurs, le secteur automobile, les cosmétiques, les équipementiers en télécommunications.
STMicroelectronics observe ainsi un ralentissement dans les semi-conducteurs. Selon le groupe, la croissance en 2008 dans le secteur devrait se situer autour de 3%, contre 4 à 5% annoncés précédemment. Alors qu’il visait en juillet une croissance à deux chiffres de ses ventes 2008, STM table désormais sur une hausse de 6,2 à 8,6% du chiffre d’affaires net à périmètre comparable. Le fabricant juge «difficile de donner des prévisions pour l’an prochain». Réalisant la quasi-totalité de ses revenus en dollar, la baisse du billet vert devrait lui donner un peu de répit dans les prochains mois.
Le numéro un mondial des cosmétiques L’Oréal a revu à la baisse ses objectifs de croissance de bénéfice et de chiffres d’affaires, à cause du ralentissement net observé depuis septembre sur certains marchés en Europe de l’ouest et Amérique du Nord. Le groupe a décidé de fermer deux usines en Europe, «pour la première fois depuis de très nombreuses années», afin de réduire les coûts.
Dans les pneumatiques, Michelin note un ralentissement prononcé des principaux marchés d’Europe et d’Amérique du Nord. Il a revu à la baisse ses prévisions de marge opérationnelle à 7-7,5%, contre 8,6% en juillet. Il souligne que la baisse des prix du pétrole et du caoutchouc au troisième trimestre n’aura un effet bénéfique qu’à partir du deuxième trimestre 2009. Un pneumatique est composé à environ 60% de produits dérivés du pétrole. Proche du secteur, les constructeurs automobiles Renault et Peugeot PSA avaient réduit tous deux leur production, ayant recours à des restructurations sociales ou encore des «Journées Non travaillées» afin de diminuer leurs stocks de véhicules.
L’équipementier en télécommunications Alcatel-Lucent a annoncé une perte de 40 millions d’euros au troisième trimestre. Cette dernière reste moins importante que les 345 millions enregistrés un an plus tôt. Le groupe a confirmé ses objectifs annuels qui prenaient déjà en compte le ralentissement économique. Il prévoit toujours une baisse de 2 à 5% de ses revenus (à changes courants) en 2008. Le groupe a par ailleurs indiqué qu’il envisageait la cession de ses parts dans Thalès (lire l’interview du directeur général accordée au jdf).
Pernod Ricard, Sanofi-Aventis et Suez Environnement ne connaissent pas la crise
En général, en pleine crise, les secteurs pharmaceutique et spiritueux constituent des valeurs refuges. Pernod Ricard et Sanofi-Aventis confirment ce constat.
Le laboratoire Sanofi-Aventis a annoncé un bénéfice net ajusté en hausse de 1,9% à 1,89 milliard d’euros au troisième trimestre et table désormais pour 2008 sur une hausse d’environ 9% du bénéfice par action ajusté hors éléments particuliers, contre environ 8% auparavant, sur la base d’une parité de 1,371 dollar pour un euro.
Le numéro deux mondial des vins et spiritueux Pernod Ricard a annoncé un chiffre d’affaires en hausse de 13% sur un an, à 1,75 milliard d’euros au premier trimestre 2008-2009, porté par des marchés dynamiques, des tarifs à la hausse, et des marques à forte valeur. Il a confirmé pour l’exercice en cours son objectif d’une croissance à «deux chiffres» de son résultat net courant part du groupe (lire l’interview du dirigeant accordée au jdf).
Suez Environnement, spécialisé dans le traitement des eaux et des déchets, a confirmé ses objectifs de résultats pour 2008. Il se montre optimiste pour le moyen et le long terme, car peu exposé à la crise économique. Le groupe indique que «75% du chiffre d’affaires total, parce qu’il relève d’activités avec les collectivités locales, n’est pas ou peu exposé au contexte économique». Dans le même secteur, son rival Veolia Environnement n’a pas autant de chance. Ce dernier avait averti en octobre qu’il ne tiendrait pas ses prévisions pour 2008, en raison du ralentissement économique.
France Télécom et Lagardère résistent bien
France Télécom a enregistré un chiffre d’affaires trimestriel conforme à ses prévisions. Il confirme ses objectifs pour 2008, à savoir, un «cash-flow organique» (capacité d’autofinancement) qui devrait être supérieur à 7,8 milliards d’euros et un taux de marge brute opérationnelle stable. Hormis l’Espagne, et certains pays africains, le groupe indique que son activité ne souffrait pas de la crise.
Le groupe de médias Lagardère confirme sa prévision d’une hausse de 3 à 7% de son résultat opérationnel courant pour l’année 2008, et ce malgré, un environnement très volatil et une absence de visibilité. Il a toutefois prévenu que sa croissance organique ralentirait nettement au quatrième trimestre.
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