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02/09/2010 - 17h35
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Cycliques, non-cycliques, qui résiste le mieux ?

D Pellecuer | JDF | 27.11.2008 | Mise à jour : 13H45

Après une année 2008 catastrophe pour les bourses mondiales, les prochains mois s’annoncent encore difficiles. Les valeurs non cycliques moins sensibles à la conjoncture restent le meilleur refuge contre la crise. Tour d’horizon sous l’angle sectoriel.

Croissance en berne, risque déflationniste avec un indice des prix à la consommation en chute de 1% au mois d’octobre, la plus forte baisse depuis 1949 aux Etats Unis, le tableau de la conjoncture mondiale est bien sombre. Si l’on ajoute, la hausse du chômage, des secteurs du bâtiment, et de l’automobile sinistrés, les prochains mois s’annoncent difficiles, pour l’économie et les marchés boursiers

Les bourses mondiales sont entrées en juillet 2007 dans un cycle de correction majeur. Depuis le début de l’année, le Cac 40 accuse un recul de 46%, proche de celui du Dow Jones (-43%) et du Nikkei (-50%). Les efforts concertés des pays du G20 et des banquiers centraux pour relancer la machine économique devraient mettre plusieurs mois avant de commencer à produire leur effet.

De l’aveu même de la Fed dans son compte rendu de la réunion de politique monétaire du 19 novembre, «l’économie américaine devrait subir une légère contraction au second semestre 2008 et au premier semestre 2009». La probable baisse du loyer de l’argent lors de la prochaine réunion du 16 décembre 2008 à un taux directeur inférieur au cours historique actuel de 1%, ne suffira pas pour permettre une reprise avant 2010. Les banquiers centraux s’attendent à une croissance allant de 2,3% à 3,2% cette année-là.

La réponse politique est plus lente à se mettre en marche. Obama est condamné à attendre son investiture en janvier pour mettre en œuvre son programme et les membres du G20 ne se réuniront pas avant le début du mois d’avril.

Dans cette période trouble, les marchés boursiers risquent de poursuivre leur évolution erratique et les investisseurs doivent se protéger contre l’érosion de leur portefeuille. Une plus grande sélectivité s’impose, notamment dans le choix sectoriel. De manière générale, en temps de crise, il est recommandé de privilégier les valeurs non cycliques, moins sensibles à la conjoncture économique, comme l’agro-alimentaire, la distribution, la pharmacie, au détriment de secteurs cycliques, par définition plus sensibles au ralentissement, tels que l’automobile ou le BTP. Mais la distinction est parfois plus subtile. Certains secteurs, comme les télécoms, pourtant traditionnellement classés parmi les cycliques, résistent mieux que d’autres secteurs, pourtant non cycliques.




Des évolutions disparates pour les cycliques

Contre toute attente, c’est le secteur des télécommunications, filaire ou non, qui affiche la meilleur santé depuis le début de l’année, avec une baisse de seulement 18%. Maroc Télécoms’offre même le luxe de bondir de 13% depuis le début de l’année.France Télécom s’en sort également plutôt bien, avec une baisse de 19% seulement, tout comme Eutelsat (-22%), Safran (-28%). Seule ombre au tableau, Alcatel qui chute de 66%, victime de l’échec de la fusion avec Lucent.

En troisième et cinquième place du classement, la baisse de seulement 28% du secteur des producteurs de pétrole et gaz et de 31% du secteur du pétrole et Gaz (sans les producteurs), masque en réalité une forte volatilité cette année. Après un pic à 147 dollars en juillet, le cours du baril a été divisé par trois en quatre mois, entrainant dans son sillage tout le secteur. Total, parvient à limiter la casse, avec une baisse de 26%. Mais Maurel et Prom chute de 42%, Bourbon de 53%, Technip de 63% et le bonnet d’âne revient à CGG Veritas qui chute de 74%. Avec un pétrole à 50 dollars, certains de gisements comme le chiste bitumineux, redeviennent trop chers à extraire et de nombreux programmes de recherches et prospections sont interrompus

Au cœur de la crise des «subprime», les valeurs financières -finance générale (-69%) et banques (-58%)-, arrivent en troisième et cinquième position des secteurs les plus délaissés depuis le début de l’année, confirmant ainsi leur statut de valeurs cycliques. BNP limite la casse avec une baisse de seulement 45%, contre 64% pour Crédit Agricole, 69% pour Société Générale ou 81% pour Dexia.



Avec une baisse de 53% depuis le début de l’année, le secteur du BTP-construction est sous le double coup du ralentissement économique et de l’immobilier. La reprise ne semble pas pour demain. Selon les économistes, le secteur devrait détruire 45 000 emplois en 2009. Bouygues recule de 47%, moins que Ciment Français (-50%), Eiffage (-50%), Saint Gobain (-52%), Lafarge (-67%). Vinci s’en sort bien avec un recul de seulement 39%.

En première ligne dans le plan de relance économique européen, le parcours boursier du secteur automobile est peu enviable. Avec un recul de 73% depuis le début de l’année, il se place dans le top 5 des secteurs les plus délaissés. Sans surprise, les constructeurs Renault (- 85%) et Peugeot (-75%) entrainent dans leur sillage les équipementiers Valeo (-64%) et Faurecia (-78%).

Les non-cyliques surperforment le Cac 40

Avec un recul de 29% depuis le début de l’année contre 46% pour le Cac 40, le secteur agroalimentaire revendique haut et fort son statut de valeur non cyclique. Même en période de crise, les consommateurs ne peuvent déroger à leur besoin primaire de s’alimenter. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter la variation depuis le début de l’année de Bonduelle (-27%), ou Danone (-28%).

Les distributeurs alimentaires, s’en sortent dans la moyenne, avec un repli de 42% depuis le début de l’année. A ce petit jeu, Carrefour (-41%) passe en tête devant Casino (-34%), et Guyenne et Gascogne (-61%). Un peu plus exposés à la conjoncture, les distributeurs généralistes reculent de 66% depuis le début de l’année. PPR plonge de 67%, une baisse proche de celle de Rallye (-71%).

Le secteur des boissons, s’en sort dans la moyenne, avec un repli de 44%. Avec des valeurs comme Pernod Ricard (-43%), Remy Cointreau (-45%), les champagnes Laurent Perrier ou Vranken-Pommery, le secteur souffre de sa branche luxe plus sensible à la consommation.

La pharmacie et la santé tirent leur épingle du jeu

Avec des replis de 32%, la santé et la pharmacie surperforment largement le Cac 40. Sanofi chute de seulement 31% et Generale de Santé ne perd plus que 50% à la faveur d’un rallye de 71% au cours des dernières semaines.

Le secteur des biens de consommation s’en tire plutôt bien (-45%), alors que la baisse des prix des matières premières et produits agricoles depuis juillet ne s’est pas encore répercutée. Mais les perspectives sont moroses pour les prochains mois. En période de déflation, le consommateur n’hésite pas à différer ses achats. Thomson a perdu 92% depuis le début de l’année. Dans le même temps, le fabricant de Camping Car Trigano a chuté de 89%. A côté, la baisse de 33% du fabricant de bateaux pneumatiques Zodiac, passerait presque pour un exploit.

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