Les meilleures actions en temps de crise
Une étude américaine s’est penchée sur les gagnants de la crise de 1929. Le Wall Street Journal confronte ses conclusions aux conseils d’un ancien banquier de Goldman Sachs, auteur du guide sur les actions en période de dépression.

Financiarisation excessive de l’économie, ralentissement économique, faillites en cascades, flambée du chômage et tendance déflationniste, les parallèles ne manquent pas entre la crise actuelle et celle de 1929. D’ailleurs, les dirigeants financiers ou politiques de tout bord ont repris à leur compte l’expression. Nicolas Sarkozy, avec la retenue qui lui est propre, est même allé jusqu’à parler de crise du siècle. Pertinente ou pas, la comparaison mérite que l’on s’y attarde. A l’époque, de septembre 1929 à juin 1932, l’indice S&P 500 ajusté de l’inflation, avait perdu en tout 85% de sa valeur. Or l’an dernier, le S&P 500 a reculé de 39% et depuis le début de l’année il a déjà reculé de plus de 6%. Difficile dans ces conditions de trouver des actions capables d’offrir un retour sur investissement positif.
Pourtant lors de la Grande dépression, certains secteurs sont parvenus à tirer leur épingle du jeu, en progressant de 40%. Un cabinet d’étude américain, le Center for Research in Security Prices, ou CRSP s’est penché sur la période. Les conclusions de cette étude sont rapportées dans les pages du Wall Street Journal, par le journaliste Jason Zweig
Il faut tout d’abord souligner qu’en cette période très tourmentée, il était très difficile de gagner de l’argent en bourse. Même, Benjamin Graham, le gourou de la finance de l’époque, a perdu 60% pendant ces trois années. Selon l’étude, seulement une industrie est parvenue à dégager un retour sur investissement positif : l’exploitation forestière. Diamond Match et Mengel, les deux valeurs de ce minuscule secteur, ont dégagé un gain cumulé de 40% pendant cette période. Diamond fabriquait des allumettes en bois, tandis que Mengel confectionnait des matériaux d’emballages à base d’arbre, principalement destinés aux cigarettes et aux savons.
Pour trouver un secteur avec un retour sur investissement suffisamment significatif, le CRSP a du étendre la période sur 1933, année où le marché a grimpé de 54%. Mais même dans ce cas, sur 120 industries répertoriées par l’étude, seulement 13 sont sorties gagnantes de la période.
Très clairement ce sont les petits plaisirs bons marchés de la vie quotidienne qui s’en tirent le mieux. On y trouve ainsi les cigarettes, les cigares et le tabac, le sucre et les produits de confiserie, les graisses et les huiles, qui chacun, ont pris entre 1,6% et 7,5% par an. Des gains modestes en apparence, mais tout à fait honorables compte tenu de la déflation qui régnait à l’époque, autour de 6% en moyenne annuelle.

Les trois pistes de Barrie Wigmore
Les gagnants d’hier seront-ils les gagnants de demain ? Pas sûr, car la situation de l’époque était bien différente de la situation actuelle. Barrie Wigmore, un ancien de Goldman Sachs, est l’auteur du livre « The Crash and Its Aftermath» un guide des actions en période de dépression. Selon lui, nous sommes actuellement dans un véritable « no man’s land». Nous n’avons jamais vécu cela auparavant. Il est bien plus important de nous concentrer sur les variables que nous connaissons aujourd’hui, sans avoir à nous encombrer l’esprit avec des comparaisons avec la grande dépression.
Pour lui, le principal défi des entreprises dans les prochaines années sera le désendettement. Il distingue trois types d'entreprises qui s’en sortiront le mieux :
En premier lieu, il conseille de s’intéresser aux actions des compagnies qui possèdent des marques puissantes, avec des niveaux de dette raisonnable comme Amazon.com, Google, ou Nike. Mais elles ne sont intéressantes selon lui qu’à la condition que les cours soient au moins aussi bon marché qu’à l’automne dernier.
En second lieu, Barrie Wigmore considère que comme au moment de la grande dépression, les actions des entreprises qui opèrent dans l’industrie des «cheap vices» que l’on peut traduire comme les petits plaisir de la vie quotidienne tireront leur épingle du jeu. Dans ce domaine, il préconise d’éviter les entreprises de tabac, qui combinent souvent d’énormes contraintes juridiques avec beaucoup trop de dette. Idem pour les brasseurs et les distillateurs beaucoup trop endettés à son goût. Il conseille en revanche de privilégier les sociétés comme Costco, une chaise de magasins à bas prix ou encore PepsiCo.
Autre piste explorée par Barrie Wigmore : opter pour des obligations d’entreprises. En moyenne, elles ont rapporté 6,7% par an de 1930 à 1933. Un rendement d’autant plus intéressant avec la déflation atteignait 6,7% par an en moyenne durant cette période.















