La BCE relève ses taux directeurs à 4,25%
Comme attendu par le marché, à l’issue de son conseil des gouverneurs, la BCE a annoncé le relèvement d’un quart de point de ses taux directeurs à 4,25%.
La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs d’un quart de point. Le taux de refinancement passe ainsi de 4% à 4,25%, celui de la facilité de dépôt de 3% à 3,25%. Le taux de la facilité de prêt marginal passe de 5% à 5,25%. Il s’agit du premier relèvement depuis le 6 juin 2007, date à laquelle le taux de refinancement avait été porté de 3,75% à 4%.
Ceci a lieu alors que l’inflation se fait galopante. L’inflation est en effet ressortie en juin à 4% dans la zone euro, alors même que les prix des matières premières explosent. Le Brent de la mer du Nord a franchi un niveau inédit aujourd’hui à 146,34 dollars le baril.
«La pire décision à prendre serait de tabler sur une inflation élevée de façon permanente», a estimé Jean-Claude Trichet. «Après la décision d’aujourd’hui, notre politique monétaire va contribuer (...) à atteindre notre objectif de stabilité des prix. Nous allons continuer à surveiller de très près tous les développements à venir», a précisé le président de la BCE, précisant que «lors de la réunion d’aujourd’hui, nous étions unanimes».
Il s’est toutefois refusé à dire si de nouvelles hausses de taux seraient prochainement décidées. Jean-Claude Trichet s’est dit en effet «sans orientation» : «si et quand nous aurons quelque chose de nouveau à dire aux marchés, nous le ferons certainement (...). Et nous le ferons certainement d’une façon claire et nous serons aussi prévisibles que par le passé.»
Cette promesse a rassuré les investisseurs parisiens. Dans le rouge depuis l’ouverture, le Cac 40 s’est retourné à partir de 14h30, et a clôturé en rebond.
Jean-Claude Trichet s’est par ailleurs montré confiant envers les fondamentaux économiques de la zone euro, qu’il juge toujours «sains». Il a réitéré son objectif d’une croissance modérée en Europe en 2008. Il a toutefois reconnu que «l’incertitude entourant la prévision d’activité économique reste élevée, en raison du niveau très élevé des prix, et les risques baissiers dominent». Mais il a souligné que «personne ne dit actuellement que nous sommes embarqués au niveau mondial dans un épisode de stagflation.»
Réactions contrastée
Le président de la Banque centrale européenne s’est montré rassurant, mais il a tenu à rappeler que la mission de l’institution n’est pas de voler au secours des marchés. La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, avait émis une protestation contre la hausse des taux annoncée, jugeant que cette décision mettrait en péril la croissance.
«Je n’ai rien à dire à ceux qui nous ont donné des conseils (...). Nous sommes une institution indépendante», a réaffirmé Jean-Claude Trichet mercredi.
En revanche, le député Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) a qualifié la politique de la BCE de «gestion kamikaze de l’euro», après la hausse des taux décrétée selon lui «contre tout bon sens». La polémique pourrait s’essouffler dans les prochaines semaines. Les analystes estiment que la BCE laissera ses taux inchangés jusqu’à la mi-2009.
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