Les actions plus rentables que les obligations
Pour la première fois depuis 1958, le rendement des actions américaines a dépassé celui des obligations.
Mardi à la clôture, le dividende moyen pour les valeurs du S&P 500 était de 3,3%, contre 2,7% pour le T-Note à 10 ans, soit un écart de rémunération positif de 0,6 point pour les actions. Or depuis 1958, l’écart moyen entre les deux placements est de 3,7 points en faveur des bonds du trésor.
Pour expliquer ce phénomène, l’agence Marketwatch se réfère à un récent numéro du bulletin d’information Economics & Portfolio Strategy. Dans cette revue, Peter Bernstein, un ancien membre de la Reserve Federale qui a enseigné l’économie au William College, racontait que lorsque l’inversion s’est produite pour la première fois en 1958 au profit des obligations, ses deux collègues lui ont expliqué qu’il s’agissait «d’une anomalie et bientôt les dividendes des actions offriraient à nouveau un meilleur rendement.» Ils trouvaient normal que les actions, qui présentent plus de risque que les obligations offrent un rendement supérieur. «Eh bien, je suis toujours en attente de la correction de cette anomalie» ajoutait Bernstein.
Mais quelle peut-être la véritable relation entre les dividendes des actions et le rendement des obligations ? Est-ce que la période qui a précédé 1958 était normale, ou est-ce que ce sont les 50 dernières années qui sont la norme ? Pour Bernstein, il n’y a pas de réponse claire à cette question.
La volatilité des actions au centre des spéculations.
Pour Cliff Asness, président fondateur de AQR Capital Management, ni la période qui a précédé 1925, ni les décennies qui ont suivi, n’étaient anormales. Avant les années 50, on attendait de la volatilité des actions qu’elle soit beaucoup plus élevée que celle du marché obligataire. Pour compenser ce risque de volatilité, le marché devait fournir un rendement plus élevé aux actions qu’aux obligations. Durant les trois décennies ayant suivi la grande dépression de 1929, les traces laissées dans la mémoire collective se sont en effet traduites par une plus forte volatilité sur les marchés d’actions. Du fait de la baisse de celle-ci après la guerre, cette relation a changé. La génération du baby-boom avait par la suite oublié cette période où la volatilité des actions était très élevée. Et c’est pourquoi le rendement de ces dernières a chuté en dessous de celui des obligations, et cela pour les cinq décennies qui ont suivi. Dans le même temps, le cours des actions a lui fortement progressé.
La situation s’est de nouveau inversée d’elle-même au cours des derniers mois en raison de la forte volatilité sur les actions, laquelle est même sur le point de dépasser celle de 1929. «Au cours de l’année 1929, la volatilité historique a culminé à 68 %. Nous allons probablement atteindre ce chiffre dans un futur très proche. Cela fera du marché actuel la période de plus forte volatilité prolongée de toute l’histoire du S&P 500 » indiquait récemment Krag Gregory, responsable stratégie chez Goldman, cité dans Barron’s. Parier sur un meilleur rendement des actions que les obligations revient donc à parier sur une plus grande volatilité des actions par rapport aux obligations. Si suffisamment d’investisseurs sont traumatisés par la période actuelle, et s’attendent à ce que les actions redeviennent durablement volatiles, le rendement des actions devrait continuer à dépasser celui des obligations. Sur le marché parisien, la cote regorge de titre offrant de belles perspectives de rémunérations. C’est le cas de titres comme Rallye (+14,7%), Renault (+14%), Maurel et Prom (+13,8%), Pages jaunes (+13,5%), et Valeo (+13,1%).
» Plus encore qu’en 1929, les marchés battent de l’aile (avec jdf.com)












