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France Télécom en difficulté face à TeliaSonera
FABIENNE BOULOC |
JDF HEBDO | 14.06.2008 | Mise à jour : 19H49
France Télécom doute, le marché savoure. Une interview de Gervais Pellissier, directeur financier de France Télécom, a suffi à redonner le moral aux investisseurs. En quatre jours, le titre a rattrapé le retard de la semaine précédente, repassant au- dessus de 18 euros.
En effet, dans un entretien publié dans le dernier numéro du Journal du Dimanche, Gervais Pellissier a expliqué comment France Télécom pourrait renoncer à l'acquisition de l'opérateur suédois TeliaSonera. « Si notre action se mettait à dévisser, cela rendrait l'opération difficile. Nous sommes convaincus que ce projet a du sens pour les deux groupes, mais il n'est pas indispensable pour France Télécom », a-t-il lancé. Un comportement invraisemblable pour le directeur financier du groupe, trois jours après l'annonce d'une offre amicale sur TeliaSonera. L'opération proposée est mixte, à 52 % en numéraire (63 couronnes par action de l'opérateur suédois) et à 48 % par échange de titres (3 actions France Télécom pour 11 TeliaSonera).
Les déclarations de Gervais Pellissier ont apparemment séduit les investisseurs français, peu enthousiasmés par une reprise de TeliaSonera.
Mais la bataille pourrait s'avérer plus dure que prévu. Le conseil d'administration de TeliaSonera a déjà refusé l'offre de France Télécom, au matin du 5 juin. Le prix envisagé, environ 27 milliards d'euros auxquels s'ajoute la reprise de la dette de 3,7 milliards, est jugé insuffisant.
Surtout, selon des articles de la presse suédoise, le norvégien Telenor serait aussi intéressé par TeliaSonera, ce qui n'a pas été confirmé. Cependant, une contre-offre de Telenor serait étonnante. Les synergies entre les deux groupes ne seraient pas significatives. Ils sont présents dans plusieurs pays communs, et devraient donc envisager des cessions d'actifs pour respecter les règles de la concurrence.
De plus, le norvégien et le suédois sont presque de la même taille. En 2007, leurs résultats nets étaient proches de 2,2 milliards d'euros chacun, pour un chiffre d'affaires de 13 milliards pour Telenor et 10 milliards pour TeliaSonera. En Bourse, Telenor capitalise environ 22 milliards d'euros (178 milliards de couronnes norvégiennes), contre près de 27 milliards pour TeliaSonera. Mais l'Etat norvégien, qui détient 53,97 % de Telenor, pourrait l'aider à réaliser cette opération.
Inquiété par les rumeurs, France Télécom serait très actif pour lutter contre Telenor. Selon le Financial Times, le français aurait fait rédiger un argumentaire pour convaincre TeliaSonera de ne pas céder à son voisin. Le document pointerait des « synergies négatives » entre les deux scandinaves.
L'opérateur français, qui n'agira que dans le cadre d'une offre amicale, devra jouer serré. D'autant que la marge de manoeuvre financière est étroite. Selon nos calculs, l'endettement du groupe après l'acquisition atteindrait 2,4 fois notre prévision d'excédent brut d'exploitation pour 2008. Or, France Télécom ne veut pas dépasser les 2,5 fois. Il lui reste moins d'une semaine pour parvenir à ses fins.
En effet, dans un entretien publié dans le dernier numéro du Journal du Dimanche, Gervais Pellissier a expliqué comment France Télécom pourrait renoncer à l'acquisition de l'opérateur suédois TeliaSonera. « Si notre action se mettait à dévisser, cela rendrait l'opération difficile. Nous sommes convaincus que ce projet a du sens pour les deux groupes, mais il n'est pas indispensable pour France Télécom », a-t-il lancé. Un comportement invraisemblable pour le directeur financier du groupe, trois jours après l'annonce d'une offre amicale sur TeliaSonera. L'opération proposée est mixte, à 52 % en numéraire (63 couronnes par action de l'opérateur suédois) et à 48 % par échange de titres (3 actions France Télécom pour 11 TeliaSonera).
Les déclarations de Gervais Pellissier ont apparemment séduit les investisseurs français, peu enthousiasmés par une reprise de TeliaSonera.
Mais la bataille pourrait s'avérer plus dure que prévu. Le conseil d'administration de TeliaSonera a déjà refusé l'offre de France Télécom, au matin du 5 juin. Le prix envisagé, environ 27 milliards d'euros auxquels s'ajoute la reprise de la dette de 3,7 milliards, est jugé insuffisant.
Surtout, selon des articles de la presse suédoise, le norvégien Telenor serait aussi intéressé par TeliaSonera, ce qui n'a pas été confirmé. Cependant, une contre-offre de Telenor serait étonnante. Les synergies entre les deux groupes ne seraient pas significatives. Ils sont présents dans plusieurs pays communs, et devraient donc envisager des cessions d'actifs pour respecter les règles de la concurrence.
De plus, le norvégien et le suédois sont presque de la même taille. En 2007, leurs résultats nets étaient proches de 2,2 milliards d'euros chacun, pour un chiffre d'affaires de 13 milliards pour Telenor et 10 milliards pour TeliaSonera. En Bourse, Telenor capitalise environ 22 milliards d'euros (178 milliards de couronnes norvégiennes), contre près de 27 milliards pour TeliaSonera. Mais l'Etat norvégien, qui détient 53,97 % de Telenor, pourrait l'aider à réaliser cette opération.
Inquiété par les rumeurs, France Télécom serait très actif pour lutter contre Telenor. Selon le Financial Times, le français aurait fait rédiger un argumentaire pour convaincre TeliaSonera de ne pas céder à son voisin. Le document pointerait des « synergies négatives » entre les deux scandinaves.
L'opérateur français, qui n'agira que dans le cadre d'une offre amicale, devra jouer serré. D'autant que la marge de manoeuvre financière est étroite. Selon nos calculs, l'endettement du groupe après l'acquisition atteindrait 2,4 fois notre prévision d'excédent brut d'exploitation pour 2008. Or, France Télécom ne veut pas dépasser les 2,5 fois. Il lui reste moins d'une semaine pour parvenir à ses fins.
NOTRE CONSEIL
Acheter, en visant 25 euros à dix-huit mois (code : FTE, Comp. A, SRD). L'incertitude liée à TeliaSonera pèse sur le titre, mais l'opération est réalisable financièrement. L'action France Télécom se paie moins de 9 fois notre bénéfice net estimé pour 2008 (5,5 milliards d'euros).
Acheter, en visant 25 euros à dix-huit mois (code : FTE, Comp. A, SRD). L'incertitude liée à TeliaSonera pèse sur le titre, mais l'opération est réalisable financièrement. L'action France Télécom se paie moins de 9 fois notre bénéfice net estimé pour 2008 (5,5 milliards d'euros).
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