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TF1
FA.B. |
JDF HEBDO | 14.06.2008 | Mise à jour : 19H49
NOTRE CONSEIL
Rester à l'écartLa première chaîne française peine à se réinventer. L'équipe dirigeante doit encore faire ses preuves.
Rester à l'écartLa première chaîne française peine à se réinventer. L'équipe dirigeante doit encore faire ses preuves.
Les changements au sein du management du groupe depuis 2007 et le plan de développement stratégique sur cinq ans, dévoilé en février par Nonce Paolini, directeur général de TF1, n'ont pas rassuré les investisseurs. Nouveau symbole cette semaine : l'annonce du départ du présentateur vedette du journal télévisé, Patrick Poivre d'Arvor. Un gage de renouvellement pour TF1, mais qui a pourtant prolongé la chute du titre en Bourse.
En effet, la performance financière du groupe de télévision est médiocre. Au premier trimestre, le chiffre d'affaires s'était replié de 6,3 %, à 658,4 millions d'euros. Surtout, TF1 a revu ses prévisions annuelles à la baisse et table sur une baisse de 3 % des recettes.
L'année 2008 est donc difficile pour TF1. Le contexte publicitaire est ardu et le groupe souffre de la concurrence des chaînes de la TNT (télévision numérique terrestre). En un an, la part d'audience de la première chaîne française est passée de 31,4 % à 27,2 % en mai 2008. Malgré cette érosion, TF1 a encore conquis 59,5 % du marché publicitaire au premier trimestre 2008. L'écart entre l'audience de TF1 et sa part du marché publicitaire ne cesse donc de se creuser, ce qui pose problème.
Les annonceurs disposent désormais d'une plus grande variété de supports sur lesquels investir, notamment la TNT. Conséquence : les recettes publicitaires de TF1 sont en baisse (- 3,7 % au premier trimestre).
Cependant, les travaux de la commission Copé « pour une nouvelle télévision publique » pourraient changer la donne. La probable suppression de la publicité dans l'audiovisuel public et la création d'une deuxième coupure durant les films sur les chaînes privées pourraient bénéficier à TF1, mais dans des proportions et à une échéance encore inconnues. Cela ne suffit pas à soutenir l'action.
Au cours des mois à venir, TF1 aura donc du mal à regagner le terrain perdu. Le groupe paie le prix de ses erreurs stratégiques passées. Les perspectives manquent de relief et l'équipe dirigeante devra redoubler d'effort pour convaincre. Pour Martin Bouygues, qui possède 43 % du groupe audiovisuel, le moment de vendre ses parts semble passé.
En Bourse, l'action se paie un peu moins de 12 fois notre résultat net estimé pour 2008 (207 millions d'euros). Un niveau encore élevé pour revenir à l'achat, compte tenu de la délicate situation de la chaîne.









