Semi-conducteurs
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Soitec
Romain Gueugneau |
JDF HEBDO | 21.06.2008 | Mise à jour : 20H22
NOTRE CONSEIL
Rester à l'écartNouvel accès de fièvre en Bourse pour le fabricant de galettes de silicium, porté par les rumeurs de migration technologique chez Intel, synonyme de relais de croissance important. Les investisseurs demeurent nerveux.
Rester à l'écartNouvel accès de fièvre en Bourse pour le fabricant de galettes de silicium, porté par les rumeurs de migration technologique chez Intel, synonyme de relais de croissance important. Les investisseurs demeurent nerveux.
Le marché s'est emballé quand il a appris que le fabricant américain de microprocesseurs Intel serait en train d'évaluer l'opportunité d'utiliser la technologie SOI (silicium sur isolant) pour l'élaboration des mémoires dans ses propres puces. En tant que leader mondial - Soitec fabrique 80 % des plaques de SOI utilisées dans le monde -, le groupe isérois verrait son activité bondir si le basculement de technologie était avéré. Dans une note parue le 18 juin, les analystes de CM-CIC ont estimé que le chiffre d'affaires réalisé avec Intel pourrait atteindre 54 millions d'euros à l'issue de l'exercice 2010/2011, et 126 millions d'euros l'année suivante, avec des taux de marge proches de 80 %. L'an dernier, le chiffre d'affaires de Soitec s'était élevé à 298,2 millions d'euros, avec une perte nette de 10 millions.
« Ce pourrait être le prochain relais de croissance pour le groupe », estiment également les analystes d'Exane-BNP Paribas. Un relais plutôt bienvenu, alors que le groupe voit son activité stagner - le chiffre d'affaires sera stable cette année - et reste dépendant de ses deux principaux clients, AMD et IBM (70 % des ventes). La direction de Soitec n'a pas souhaité commenter ces rumeurs. Mais les marchés l'ont fait à sa place. La valeur a bondi de 6,9 %, le 16 juin, avant de rechuter de 6 % le lendemain, alors que les investisseurs réalisaient que les fruits de ce nouveau partenariat ne se matérialiseraient véritablement dans les comptes qu'à partir de 2012 au plus tôt.
« Cela reste fondamentalement une très bonne nouvelle », tranche François Gobron, du CM-CIC.
Cette rumeur positive s'ajoutait à l'annonce faite par Soitec de la création de 2,25 mil- lions d'Absaar (actions à bons de souscription et/ou d'acquisition d'actions remboursables), dans le cadre d'un programme d'augmentation de capital par exercice d'options. Destinées aux salariés du groupe, ces actions ont été émises au prix de 5,3 euros, bien au-dessus du cours auquel se négocie le titre actuellement.
« Cette émission d'Absaar pourrait refléter le jugement du management de Soitec de l'atteinte d'un point bas en termes d'activité », jugent les analystes de CM-CIC. La société iséroise a précisé que cette levée de fonds, d'environ 11,9 millions d'euros, ne répondait à aucun besoin spécifique de ressources financières, rappelant qu'elle disposait de 187 millions d'euros de disponibilités.











