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Carrefour à court d'arguments pour séduire le marché
MARIANNE DI MEO |
JDF HEBDO | 28.06.2008 | Mise à jour : 18H21
Blue Capital, le nouvel actionnaire de référence de Carrefour, avec 10,7 % du capital, doit s'arracher les cheveux. Jeudi 26 juin, le titre a perdu 8,8 %, au lendemain de l'annonce du lancement du plan de convergence d'enseignes en France.
Désireux de capitaliser sur la force et la notoriété de la marque Carrefour, le numéro un européen de la grande distribution a décidé de faire passer ses supermarchés Champion sous la bannière Carrefour ou Carrefour Market. L'objectif est simple : augmenter les parts de marché, dynamiser le chiffre d'affaires et améliorer les résultats. Concrètement, un peu plus d'une centaine de magasins devraient être transformés entre septembre et la fin de l'année. 700 suivront en 2009, l'ensemble du parc devant être converti d'ici à la mi-2010. Les investissements nécessaires à cette transformation atteignent 200 millions d'euros, mais ils seront financés sur le budget annuel de Carrefour France.
Les objectifs sont jugés trop prudents
La réaction négative du marché peut à première vue surprendre. Ce projet était en effet connu de longue date. Ensuite, le bilan de la convergence d'enseignes est très positif dans les pays où elle a déjà été mise en place, comme l'Espagne avec Carrefour Express. Les tests qui viennent d'être menés en France sont également encourageants : le changement d'enseigne a permis d'améliorer de 50 à 70 points de base la part de marché des magasins transformés et il a entraîné une hausse de leur fréquentation et une accélération des ventes.
En fait, les investisseurs jugent les retombées financières du projet décevantes. Elles devraient être nulles en 2008 et 2009, en raison des dépenses engagées pour mener à bien le projet. José Luis Duran, président du directoire de Carrefour, s'attend à un résultat opérationnel additionnel de 200 millions d'euros à l'horizon de 2011 (première année où le parc tout entier sera aux nouvelles normes), à comparer à un bénéfice d'exploitation de 3,3 milliards d'euros en 2007.
Les analystes attendaient plutôt des montants supérieurs. « Le marché a peut-être sous-estimé le partage des profits avec les franchisés, qui représentent 40 % du réseau », lance un observateur. Ainsi, JPMorgan tablait sur 400 à 500 millions de résultat supplémentaire. Le bureau d'analyse a par conséquent abaissé sa recommandation sur le titre de surpondérer à neutre et a ramené son objectif de cours de 54 à 42 euros, ce qui a largement participé à la chute du cours. Même réaction du côté des analystes de Landsbanki, qui espéraient le plein effet de ces mesures dès 2010 et qui sont par conséquent passés de conserver à réduire sur la valeur. « Les investisseurs sont actuellement court-termistes. Or, cette opération va s'étaler sur deux à trois ans », tente de justifier une source proche du dossier.
A cette déception s'est ajouté « l'ajustement » des prévisions annuelles du distributeur. Les dirigeants attendent maintenant une croissance du résultat opérationnel avant éléments non courants au rythme globalement en ligne avec celui du chiffre d'affaires et non plus supérieur. Carrefour risque d'avoir du mal à remonter la pente en Bourse...
Désireux de capitaliser sur la force et la notoriété de la marque Carrefour, le numéro un européen de la grande distribution a décidé de faire passer ses supermarchés Champion sous la bannière Carrefour ou Carrefour Market. L'objectif est simple : augmenter les parts de marché, dynamiser le chiffre d'affaires et améliorer les résultats. Concrètement, un peu plus d'une centaine de magasins devraient être transformés entre septembre et la fin de l'année. 700 suivront en 2009, l'ensemble du parc devant être converti d'ici à la mi-2010. Les investissements nécessaires à cette transformation atteignent 200 millions d'euros, mais ils seront financés sur le budget annuel de Carrefour France.
Les objectifs sont jugés trop prudents
La réaction négative du marché peut à première vue surprendre. Ce projet était en effet connu de longue date. Ensuite, le bilan de la convergence d'enseignes est très positif dans les pays où elle a déjà été mise en place, comme l'Espagne avec Carrefour Express. Les tests qui viennent d'être menés en France sont également encourageants : le changement d'enseigne a permis d'améliorer de 50 à 70 points de base la part de marché des magasins transformés et il a entraîné une hausse de leur fréquentation et une accélération des ventes.
En fait, les investisseurs jugent les retombées financières du projet décevantes. Elles devraient être nulles en 2008 et 2009, en raison des dépenses engagées pour mener à bien le projet. José Luis Duran, président du directoire de Carrefour, s'attend à un résultat opérationnel additionnel de 200 millions d'euros à l'horizon de 2011 (première année où le parc tout entier sera aux nouvelles normes), à comparer à un bénéfice d'exploitation de 3,3 milliards d'euros en 2007.
Les analystes attendaient plutôt des montants supérieurs. « Le marché a peut-être sous-estimé le partage des profits avec les franchisés, qui représentent 40 % du réseau », lance un observateur. Ainsi, JPMorgan tablait sur 400 à 500 millions de résultat supplémentaire. Le bureau d'analyse a par conséquent abaissé sa recommandation sur le titre de surpondérer à neutre et a ramené son objectif de cours de 54 à 42 euros, ce qui a largement participé à la chute du cours. Même réaction du côté des analystes de Landsbanki, qui espéraient le plein effet de ces mesures dès 2010 et qui sont par conséquent passés de conserver à réduire sur la valeur. « Les investisseurs sont actuellement court-termistes. Or, cette opération va s'étaler sur deux à trois ans », tente de justifier une source proche du dossier.
A cette déception s'est ajouté « l'ajustement » des prévisions annuelles du distributeur. Les dirigeants attendent maintenant une croissance du résultat opérationnel avant éléments non courants au rythme globalement en ligne avec celui du chiffre d'affaires et non plus supérieur. Carrefour risque d'avoir du mal à remonter la pente en Bourse...
NOTRE CONSEIL
Nous restons à l'achat spéculatif, mais compte tenu du manque de visibilité à court terme nous ramenons notre objectif à 55 euros (code : CA, Comp. A, SRD).
Nous restons à l'achat spéculatif, mais compte tenu du manque de visibilité à court terme nous ramenons notre objectif à 55 euros (code : CA, Comp. A, SRD).
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