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Bruno Lafont Président-directeur général de Lafarge
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« La confiance que nous témoigneront les actionnaires est essentielle »

PROPOS RECUEILLIS PAR YVES DE KERDREL | JDF HEBDO | 04.04.2009 | Mise à jour : 16H03

Bruno Lafont P-DG de Lafarge

L'augmentation de capital de Lafarge est lancée sur la base d'un prix de souscription de 16,65 euros, inférieur de 37 % au cours théorique ex-droit et ajusté du dividende. N'est-ce pas là un niveau excessif ?
Il y a deux aspects dans cette décote par rapport au cours de Bourse. D'abord, pour les actionnaires individuels de Lafarge, cela ne change rien, dans la mesure où cette augmentation de capital se fait avec le maintien d'un droit préférentiel de souscription. Il n'y a donc pour eux aucun risque de dilution. Par ailleurs, il faut tenir compte d'une situation de marché très exceptionnelle. Chacun sait à quel point il est difficile, aujourd'hui, de trouver de l'argent frais sur les marchés, d'obtenir la garantie d'un pool de banques. Mais, en même temps, je mesure à quel point je suis comptable de l'intérêt social de l'entreprise. C'est-à-dire des bonnes conditions de son développement à moyen terme, mais aussi de la création de valeur pour les actionnaires. Et je crois qu'avec un niveau de décote de 37 % nous n'avons pas à rougir par rapport à d'autres appels au marché du même type.
Quelles sont les conditions du succès de cette augmentation de capital ?
Il y a trois éléments principaux. D'abord, la confiance que nous témoigneront les actionnaires individuels. Elle est pour nous essentielle. Et nous comptons bien évidemment sur leur appui. Ensuite, il y a la confiance que nous ont déjà manifestée nos deux principaux actionnaires, les groupes Bruxelles Lambert et NNS Holding. Ils se sont tous deux engagés à souscrire à hauteur de leurs participations respectives. Ce qui les amènera à nous apporter 500 millions d'euros, soit le tiers du montant de cet appel au marché. Enfin, la dernière condition c'est que cette augmentation de capital fasse partie d'une plate-forme globale de mesures qui doit permettre de consolider nos moyens financiers à hauteur de 4,5 milliards d'euros, grâce à une politique ciblée de désinvestissements, à une réduction intelligente de nos investissements et à de nouvelles mesures d'économies. Tout cela dans le but de générer le maximum de trésorerie. Et surtout de sortir renforcés de cette crise économique.
Après trois mois d'activité, pouvez-vous préciser la manière dont vous voyez se dérouler l'année 2009 ?
A l'heure qu'il est, je ne peux et je ne souhaite rien dire de plus sur nos perspectives pour l'exercice en cours. Compte tenu de l'incertitude qui entoure la situation économique mondiale, de la part relativement faible que représente traditionnellement notre chiffre d'affaires du premier trimestre, à cause de la météorologie, et compte tenu de la manière dont les différents plans de relance seront mis en oeuvre, il serait fou de vouloir se livrer dès maintenant au jeu des pronostics. Cela dit, c'est vrai que les signaux que nous observons sont plutôt meilleurs que prévu. C'est le cas en Chine où, même si la consommation de ciment est moins forte qu'au cours des années passées, elle demeure significative dans les régions où nous sommes implantés. J'espère pouvoir en dire davantage lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires du groupe.

NOTRE CONSEIL
Nous sommes très positifs sur Lafarge (code : LG, Comp. A, SRD), qui est l'une des valeurs qui devraient profiter plus rapidement que les autres d'une reprise de l'activité mondiale. Les conditions financières de cette augmentation de capital sont évidemment intéressantes. Il ne faut pas hésiter à souscrire, voire à acheter des droits de souscription supplémentaires pour tirer parti de cette aubaine.
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