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EDF peine toujours à convaincre
C.S. |
JDF HEBDO | 16.05.2009 | Mise à jour : 20H41
Attendu depuis l'acquisition de British Energy, l'accord conclu entre EDF et l'énergéticien britannique Centrica se révèle au final défavorable à l'électricien hexagonal. La Bourse ne s'est d'ailleurs pas trompée. Le titre EDF s'est replié de 5,62 % le jour de son annonce, alors que celui de Centrica s'adjugeait 6,04 % dans le même temps.
EDF va céder 20 % de British Energy à Centrica à un prix inférieur de 6 % à celui proposé par le groupe français lors de son offre, alors que le schéma initial prévoyait une cession de 25 % du capital au même prix. Une ristourne qu'EDF justifie au nom « de la décote de minoritaire ». Parallèlement, l'électricien français va acquérir la participation de 51 % de son partenaire britannique dans le deuxième électricien belge SPE, mais sur la base de ratios de valorisation très supérieurs à ceux enregistrés lors des dernières transactions dans le secteur. But de l'opération, que d'aucuns ont qualifié d'« astucieuse », pour EDF : convaincre Centrica d'entrer dans le capital de British Energy à un moment où les conditions de marché se sont nettement dégradées, et éviter de brader cette prise de participation afin de ne pas avoir à procéder à une dépréciation de British Energy dans ses comptes. Au total, EDF retirera de la transaction 1,2 milliard d'euros en numéraire ; une somme qu'il entend entièrement consacrer à la diminution de son endettement, qui, à 24,5 milliards d'euros au 31 décembre 2008, constitue aujourd'hui un réel handicap, même pour une société aux revenus récurrents comme EDF. Ce dernier a d'ailleurs réitéré sa volonté de céder pour 5 milliards d'euros d'actifs d'ici à 2010. L'accord conclu entre EDF et Centrica prévoit également la création d'une coentreprise sur une base de 80/20, chargée de la construction et de l'exploitation de quatre centrales nucléaires de nouvelle génération au Royaume-Uni.
La direction d'EDF mise sur le renouveau du nucléaire dans le monde et compte en être un acteur majeur, au prix fort s'il le faut. L'avenir dira si cette stratégie se révèle payante ou pas. En attendant, l'activité du groupe résiste plutôt bien. Au cours du premier trimestre, le chiffre d'affaires a atteint 21,1 milliards d'euros, en hausse de 15,1 % et de 12,5 % à périmètre et change constants. La sévérité de l'hiver et la hausse des prix à l'international ont compensé les effets de la crise sur la consommation des clients industriels. En dépit de ces bons chiffres, une légère progression de l'excédent brut d'exploitation et un bénéfice net hors éléments non récurrents stable sont toujours attendus pour l'ensemble de l'exercice.
Ces perspectives sans relief et les interrogations quant à la politique d'expansion du groupe, sans compter les prix bas du pétrole et les craintes d'ingérence de l'Etat dans la bonne marche de l'entreprise expliquent le scepticisme actuel des marchés à l'égard du titre. Une méfiance d'autant plus forte que la valeur s'est longtemps traitée sur des niveaux de valorisation élevés (avec un PER supérieur à 20 fois), difficiles à justifier aujourd'hui.
Les actionnaires doivent donc désormais faire montre de patience. Les catalyseurs du titre à moyen terme sont bien connus : augmentation de la durée de vie des centrales, ajustement progressif des tarifs réglementés vers les prix de marché (que la Commission européenne réclame à grands cris) et amélioration du taux de disponibilité des centrales. Mais le calendrier de leur réalisation reste inconnu.
EDF va céder 20 % de British Energy à Centrica à un prix inférieur de 6 % à celui proposé par le groupe français lors de son offre, alors que le schéma initial prévoyait une cession de 25 % du capital au même prix. Une ristourne qu'EDF justifie au nom « de la décote de minoritaire ». Parallèlement, l'électricien français va acquérir la participation de 51 % de son partenaire britannique dans le deuxième électricien belge SPE, mais sur la base de ratios de valorisation très supérieurs à ceux enregistrés lors des dernières transactions dans le secteur. But de l'opération, que d'aucuns ont qualifié d'« astucieuse », pour EDF : convaincre Centrica d'entrer dans le capital de British Energy à un moment où les conditions de marché se sont nettement dégradées, et éviter de brader cette prise de participation afin de ne pas avoir à procéder à une dépréciation de British Energy dans ses comptes. Au total, EDF retirera de la transaction 1,2 milliard d'euros en numéraire ; une somme qu'il entend entièrement consacrer à la diminution de son endettement, qui, à 24,5 milliards d'euros au 31 décembre 2008, constitue aujourd'hui un réel handicap, même pour une société aux revenus récurrents comme EDF. Ce dernier a d'ailleurs réitéré sa volonté de céder pour 5 milliards d'euros d'actifs d'ici à 2010. L'accord conclu entre EDF et Centrica prévoit également la création d'une coentreprise sur une base de 80/20, chargée de la construction et de l'exploitation de quatre centrales nucléaires de nouvelle génération au Royaume-Uni.
La direction d'EDF mise sur le renouveau du nucléaire dans le monde et compte en être un acteur majeur, au prix fort s'il le faut. L'avenir dira si cette stratégie se révèle payante ou pas. En attendant, l'activité du groupe résiste plutôt bien. Au cours du premier trimestre, le chiffre d'affaires a atteint 21,1 milliards d'euros, en hausse de 15,1 % et de 12,5 % à périmètre et change constants. La sévérité de l'hiver et la hausse des prix à l'international ont compensé les effets de la crise sur la consommation des clients industriels. En dépit de ces bons chiffres, une légère progression de l'excédent brut d'exploitation et un bénéfice net hors éléments non récurrents stable sont toujours attendus pour l'ensemble de l'exercice.
Ces perspectives sans relief et les interrogations quant à la politique d'expansion du groupe, sans compter les prix bas du pétrole et les craintes d'ingérence de l'Etat dans la bonne marche de l'entreprise expliquent le scepticisme actuel des marchés à l'égard du titre. Une méfiance d'autant plus forte que la valeur s'est longtemps traitée sur des niveaux de valorisation élevés (avec un PER supérieur à 20 fois), difficiles à justifier aujourd'hui.
Les actionnaires doivent donc désormais faire montre de patience. Les catalyseurs du titre à moyen terme sont bien connus : augmentation de la durée de vie des centrales, ajustement progressif des tarifs réglementés vers les prix de marché (que la Commission européenne réclame à grands cris) et amélioration du taux de disponibilité des centrales. Mais le calendrier de leur réalisation reste inconnu.
NOTRE CONSEIL
Acheter dans une optique de long terme, avec un objectif de cours de 50 euros (code : EDF, Comp. A, SRD).
Acheter dans une optique de long terme, avec un objectif de cours de 50 euros (code : EDF, Comp. A, SRD).
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