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Boiron a retrouvé le chemin de la rentabilité et de la croissance
Après la fusion avec Dolisos, le groupe mise sur les produits à tarif libre et accélère son développement européen
AUDREY TONNELIER |
JDF HEBDO | 14.06.2008 | Mise à jour : 19H49
Pour vivre heureux, vivons cachés ! Telle pourrait être la devise de Boiron. Depuis le début de l'année, le titre du laboratoire homéopathique s'est apprécié de plus de 8 %, contre une chute de 17 % pour l'indice CAC Small 90. Pourtant, les dirigeants du groupe familial restent injoignables pour commenter la stratégie de la société.
Dommage. Car Boiron gagne à être connu. Alors que les laboratoires pharmaceutiques traditionnels doivent faire face à la concurrence des génériques, à l'érosion de leurs ventes et de leur rentabilité, le groupe a enregistré l'an dernier une hausse de 9 % de son chiffre d'affaires, à 434,3 millions d'euros, et son résultat net a presque triplé, passant de 10 à 27 millions d'euros ! Trois ans après le rachat de son concurrent Dolisos, Boiron en récolte enfin les fruits. L'opération confère au groupe une part de marché d'environ 85 % en France. Elle permet surtout à Boiron de bénéficier d'économies d'échelle at-trayantes : regroupement des sites de distribution, marque commune... Un atout de taille dans un secteur où les frais fixes sont très lourds (lire ci-dessous). Conséquence : la marge opérationnelle de Boiron est passée de 6,7 % en 2006 à 10,1 % en 2007.
Cap sur l'international
Le seul handicap de taille que connaît le groupe est structurel : il s'agit du très faible taux de remboursement de l'homéopathie en France, passé de 65 % en 2004 à 8 % aujourd'hui, compte tenu de la franchise de 0,50 euro en vigueur depuis le 1er janvier 2008. « Cela ne devrait pas avoir d'effet à long terme sur les comptes car le poids des produits remboursés est de plus en plus faible dans les ventes de Boiron », tempère un analyste. Les médicaments concernés ont représenté l'an dernier 45 % des facturations du laboratoire, « mais moins dans les faits puisqu'un certain nombre d'achats relèvent de l'autoprescription », ajoute l'analyste.
Surtout, les relais de croissance du groupe sont ailleurs. Dans les produits de spécialité d'abord (Oscillococcinum, Homéoplasmine), non remboursés mais dont le prix est librement fixé par Boiron - alors que celui des tubes de granulés est bloqué par le législateur depuis... vingt ans ! Les spécialités représentent 40 % des facturations totales du groupe et plus de 60 % du chiffre d'affaires réalisé à l'étranger. Et la tendance est à l'accélération : la croissance de ce segment s'est élevée à 24 % au premier trimestre.
L'autre gisement de croissance de Boiron est l'international. Le laboratoire enregistre encore plus de 60 % de ses revenus dans l'Hexagone, mais la croissance y a été l'an dernier inférieure à 5 %, alors qu'elle a dépassé les 20 % dans les autres pays européens. Boiron est solidement présent en Europe du Sud (Espagne, Italie) et connaît une forte dynamique en Russie et en Pologne. « En Europe de l'Est, la tradition homéopathique est plus vivace qu'en France, ce dont bénéficie le laboratoire », note un analyste.
Dommage. Car Boiron gagne à être connu. Alors que les laboratoires pharmaceutiques traditionnels doivent faire face à la concurrence des génériques, à l'érosion de leurs ventes et de leur rentabilité, le groupe a enregistré l'an dernier une hausse de 9 % de son chiffre d'affaires, à 434,3 millions d'euros, et son résultat net a presque triplé, passant de 10 à 27 millions d'euros ! Trois ans après le rachat de son concurrent Dolisos, Boiron en récolte enfin les fruits. L'opération confère au groupe une part de marché d'environ 85 % en France. Elle permet surtout à Boiron de bénéficier d'économies d'échelle at-trayantes : regroupement des sites de distribution, marque commune... Un atout de taille dans un secteur où les frais fixes sont très lourds (lire ci-dessous). Conséquence : la marge opérationnelle de Boiron est passée de 6,7 % en 2006 à 10,1 % en 2007.
Cap sur l'international
Le seul handicap de taille que connaît le groupe est structurel : il s'agit du très faible taux de remboursement de l'homéopathie en France, passé de 65 % en 2004 à 8 % aujourd'hui, compte tenu de la franchise de 0,50 euro en vigueur depuis le 1er janvier 2008. « Cela ne devrait pas avoir d'effet à long terme sur les comptes car le poids des produits remboursés est de plus en plus faible dans les ventes de Boiron », tempère un analyste. Les médicaments concernés ont représenté l'an dernier 45 % des facturations du laboratoire, « mais moins dans les faits puisqu'un certain nombre d'achats relèvent de l'autoprescription », ajoute l'analyste.
Surtout, les relais de croissance du groupe sont ailleurs. Dans les produits de spécialité d'abord (Oscillococcinum, Homéoplasmine), non remboursés mais dont le prix est librement fixé par Boiron - alors que celui des tubes de granulés est bloqué par le législateur depuis... vingt ans ! Les spécialités représentent 40 % des facturations totales du groupe et plus de 60 % du chiffre d'affaires réalisé à l'étranger. Et la tendance est à l'accélération : la croissance de ce segment s'est élevée à 24 % au premier trimestre.
L'autre gisement de croissance de Boiron est l'international. Le laboratoire enregistre encore plus de 60 % de ses revenus dans l'Hexagone, mais la croissance y a été l'an dernier inférieure à 5 %, alors qu'elle a dépassé les 20 % dans les autres pays européens. Boiron est solidement présent en Europe du Sud (Espagne, Italie) et connaît une forte dynamique en Russie et en Pologne. « En Europe de l'Est, la tradition homéopathique est plus vivace qu'en France, ce dont bénéficie le laboratoire », note un analyste.
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